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Le 26 septembre 1896, la course automobile Paris-Marseille traverse Lyon. Dans le public, un jeune homme de trente ans, Marius Berliet, impressionné par ces monstres mécaniques, prend la décision de devenir constructeur automobile. Mais il ne s'agit là ni d'un coup de tête ni d'un caprice, Marius Berliet a derrière lui une longue expérience des machines, des moteurs et de la mécanique. A quinze ans, il a abandonné le lycée pour travailler dans l'atelier de son père spécialisé depuis peu dans les bicyclettes. En 1894, en travaillant pendant ses week-ends, il construit un premier moteur qu'il monte l'année suivante sur une voiture, un engin bien éloigné des belles automobiles de course que l'on peut voir en compétition en 1896.
Son père s'oppose malheureusement aux projets de Marius qui accepte le financement de sa mère pour acheter un petit atelier et engager un ouvrier. Marius, qui continu dans la journée à travailler dans l'atelier paternel, passe ses nuits à construire des automobiles. Peu avant la mort de son père, en 1899, Berliet à réussi à construire six voitures qui lui ont rapporté suffisamment pour engager trois nouveaux aides. En 1900, la production atteint la douzaine de véhicules. Le succès est tellement fantastique qu'en 1902 alors que l'usine emploie deux cent cinquante personnes, de dix à quinze véhicules sortent chaque mois de l'usine. Après avoir changé plusieurs fois de local, en raison de l'accroissement de ses affaires, Berliet achète la société Audibert et Lavirotte, ses principaux concurrents dans l'industrie automobile naissante de Lyon. En 1904, les automobiles Berliet commencent à prendre part à des compétitions de vitesse, d'élégance et d'esthétisme, et y obtiennent, en particulier dans le deuxième domaine, des récompenses. Appelé en 1944 à Paris, Berliet est arrêté pour collaboration et tous ses biens sont réquisitionnés. Ses quatre fils, propriétaires de la majorité du capital Berliet, connaîtront le même sort. En juin 1945, à l'issue d'un long procès, Marius est condamné à dix ans d'emprisonnement et Paul, son fils aîné, à cinq. Compte tenu de son âge, Marius Berliet est assigné à résidence où il mourra en avril 1949. En décembre de la même année, après quatre ans de bataille judiciaire et politiques, le conseil d'état rend aux fils Berliet la totalité de leurs propriétés.